Quelle politique culturelle pour le Mantois ? 3.Trombinoscope

, par  Buckminster

Chapitre 3 Trombinoscope

Il avait une belle voix et a accompagné la jeunesse de certainEs d’entre nous, mais il était au rock’n’roll ce que la chicorée est au cappuccino italien... je vous proposerai donc dans ce chapitre une pause année 1967 en blues (puisque ça vient de là ! ) et une autre de 1980 dédicacée au DRH d’Air France .

Une citation fait le tour des réseaux en ce moment, extraite d’un texte (et de son contexte !) de K. Marx, Misère de la philosophie 1847 :
"[...] dans une société fondée sur la misère, les produits les plus misérables ont la prérogative fatale de servir à l’usage du plus grand nombre.[...]

Ils sont tous là, nomméEs depuis 1959, date de l’apparition du ministère de la Culture créé par De Gaulle pour Malraux, en dépouillant l’ancien ministère de l’Instruction Publique, le ministère de l’Industrie et du Commerce et le Haut Commissariat à la Jeunesse et aux Sports.
Soit des personnalités très connues, des inconnues graves, des inattendues, du beau linge provenant de grandes écoles et du monde des affaires. On pourrait gloser sur le parcours de certains ou certaines, mais je vous laisse trouver les détails sur le web.

De droite, de « gauche », du centre, barons capitalistes, journalistes, écrivains, ou politiciens plus intéressés par la Communication-Information-Propagande, secrétariat souvent adossé à la Culture, elles ont néanmoins un point commun car elles s’inscrivent dans une continuité jamais démentie : en prenant la direction du Ministère elles ont successivement durant cinquante ans signé ceci :
[Notre mission est] « de rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de français, d’assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et de favoriser la création de l’art et de l’esprit qui l’enrichisse. »

Les termes de cette mission, définition d’État de l’action culturelle, n’ont fait l’objet d’aucun ajustement quelque soit la période, malgré les crises sociales, politiques et financières qui se sont succédé. Au-delà de cette constance spécifiquement française et carrément dogmatique, peut-on saisir une cohérence qui sous-tendrait cette vision de la culture portée par ces gens ? Cette mission les oblige-t-elle à un résultat ou à des moyens ? Ou à rien ?

La définition de la Culture est un sujet tabou, délicat même entre amiEs, et fait souvent l’objet de petites déclarations péremptoires et creuses des élites, destinées à couper court à la discussion. On peut arguer du fait que chaque individu a sa définition et décider de ne pas choisir pour éviter les polémiques, mais c’est un peu léger quand vient le moment de défendre ou combattre ensemble une politique culturelle publique. Il faut donc contourner le problème, et en admettant qu’il y a plusieurs définitions possibles, s’attacher à en comprendre les conséquences dans les moyens d’actions mis en place.

Le chercheur Jean-Michel Lucas propose trois axes de définition : « la culture par les œuvres pour le progrès de l’humanité [...], la culture comme secteur pour le progrès de la société du bien-être [... le secteur économique pour faire court], la culture comme une capacité des personnes à progresser pour faire un peu mieux humanité ensemble ».
D’autres chercheurs s’intéressent aussi aux phénomènes de sous-cultures (aucune péjoration de ma part) alternatives et/ou transgressives , leur naissance, leur vie, leur mort, ce qui les sous-tend sur le plan social et comment la culture hégémonique à chaque fois finit par se les réapproprier. Il faudra en dire plus d’un mot.
J’aimerais bien aussi aborder le sujet de la place de l’artiste, avant de discuter de celle des élus et pour finir, présenter les pistes d’actions. Ou l’inverse.

déjà publiés :
chapitre 1
chapitre 2
chapitre 3
à suivre :
chapitre 4

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