Culture, démocratie et cannibalisme

, par  Jean-Patrick Abelsohn

Nous considérons que l’origine de la démocratie est grecque. Mais ce concept politique tient (étonnamment ?) une partie de ses fondements dans le rejet du cannibalisme. En effet, dans la mythologie grecque, Zeus est un rescapé du cannibalisme de son père, qui dévorait ses enfants de peur qu’ils le destituent. Le mythe grec énonce donc que, là où il y a cannibalisme, il ne peut pas pas y avoir de cité et que, finalement, la culture naît quand le cannibalisme cesse.

Il ne serait évidemment pas compatible avec notre « civilisation » de consommer le vaincu dans une logique d’assimilation à la tribu, de domination. Ce ne serait pas ...culturellement... acceptable.

Pourtant, alors que nous pouvons à loisir faire le constat que nos liturgies constitutionnelles ont pacifié les relations, nous tolérons que, dans le même temps, elles puissent s’accommoder de voir manger tout cru les opposants à la domination.

Civilisation, cité, domination...
Vous avez dit culture ?

PS : merci à Georges Guille-Escuret, auteur de Sociologie comparée du cannibalisme, 2010, PUF, dont les travaux m’ont inspiré ce petit papier

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