Les « naufragés » de Maupomet

, par  sbernard

Exploités par un marchand de sommeil et expulsés par le maire FN de Mantes-la-Ville. Une situation intolérable, une décision municipale irréfléchie, une expulsion précipitée dans la foulée...et on s’en laverait les mains ?

Des habitants de Mantes-la-Ville habitaient dans un taudis, à Maupomet, saignés par un marchand de sommeil : 14 logements , une pièce, parfois deux, loués en général, 500 à 600 euros par mois, avec comme « quittance » un reçu quasi anonyme, sans numéro d’identification et donc non reconnu par la CAF. Au black en fait. Loyer que les locataires acquittent certains depuis 10 ans, d’autres plusieurs mois, et qu’ils payent car ils travaillent. En situation régulière, plusieurs de nationalité espagnole, ou d’autres origines. Y compris un Français, handicapé et habitant là depuis très longtemps, qui est venu à la Sous-préfecture.

Alors oui il faut lutter contre cette situation indigne, contre cette exploitation sordide, contre ces fraudes au vu de tous : car cela se passait au dessus d’un restaurant ayant pignon sur rue. Combien de situations de ce genre dans le Mantois ?

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Alors le maire de Mantes-la-Ville a décidé de prendre les choses en main, et ça n’a pas traîné. Arrêté d’expulsion exécuté par les polices municipale et nationale. M. Nauth en conseil municipal de Mantes-la-Ville a assuré qu’il avait fait le job, non mais ! et qu’ils avaient été relogés. En fait simple déclaration de principe, suite à une affirmation non vérifiée du propriétaire, qui s’est contenté de 3 chambres d’hôtel pour 2 ou 3 nuits.

Résulat les locataires, virés sans leurs affaires stockées dans ce lieu fermé dont l’accès leur est désormais interdit d’accès (mais où les mettraient-ils, effectivement ?) se sont retrouvés à dormir dehors, sous un auvent précaire, devant leur ancien logement, et sous la pluie la nuit dernière.

Ce matin nous nous sommes retrouvés 4 militants de la LDH et de l’ASTI, 5 élus d’opposition de Mantes-la-Ville (toutes tendances) et une dizaine de locataires expulsés dans le hall de la mairie de Mantes-la-Ville. Nous espérions informer l’équipe municipale des conséqueces de leur décision. Ils étaient réunis au premier étage, nous ont regardés approcher derrière les carreaux. En tremblant sans doute, puisque, au lieu de venir nous parler, y compris pour annoncer qu’ils ne pouvaient ou ne voulaient nous parler, ils ont appelé la police nationale ! Les agents ont commencé sur un ton un peu rude, pensant sans doute avoir affaire à une invasion, un refus de sortir, voire à des menaces de trouble de l’ordre public. Ils ont ensuite paru étonnés de découvrir qu’aucun des élus ou cadres municipaux rassemblés un étage au dessus de nous ne nous avait fait part de leur décision de ne pas nous parler. Bref qu’ils appelaient le commissariat pour que des fonctionnaires (qui ont autre chose à faire !) viennent faire les porte-parole de M. Nauth dans sa propre mairie !

Entre-temps nous avons téléphoné à la sous-préfecture, qui a accepté de recevoir immédiatement une délégation de 5 personnes (2 locataires expulsés, deux élues, et le président local de la LDH). Une heure de rencontre pour informer de la situation, souligner l’urgence de trouver un relogement pérenne. Et aussi de demander une vérification du caractère légal des décisions prises et de l’enchaînement des démissions de responsabilité aboutissant à mettre une bonne vingtaine de personnes à la rue. D’autant qu’il y a attenant, d’autres logements appartenant au même propriétaire.

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